Roadtrip au nord : Chandigarh et Amritsar

Il était temps! Après deux mois d’attente, S&S respire enfin. Nous ne remercions pas Air Arabia, à cause de qui nous avons perdu 1 jour complet en raison de l’annulation du vol initial de Stéphane. Du coup j’ai passé une nuit et une journée à Delhi avant de le retrouver. J’ai opté pour un dortoir et j’ai rencontré Joana, une back-packeuse portugaise avec qui j’ai partagé un dîner sur un toit-terrasse donnant sur Connaught Place. Un ami indien de Joana est passé nous chercher dans une voiture de luxe (de toute façon comparé à un rickshaw même Feu ma R5 est une rolls) et nous a emmené boire un verre (enfin une bouteille) de vin blanc dans un bar branché de New Delhi. Je ne peux pas dire que ça faisait deux mois que je n’avais pas bu une goutte d’alcool, parce que vivant dans une usine de sucre j’ai l’occasion de siroter du bon rhum de temps en temps, mais en tout cas ça faisait bien deux mois sans vin! Et sans aucun doute deux mois loin d’un endroit comme le Knight! C’était assez fou de se retrouver propulsée dans l’Inde « riche » sans y être préparée, définitivement un voyage dans le temps et l’espace!

C’est avec une nouvelle tenue achetée au Main Bazaar de Paharganj que je vais attendre Stéphane à l’aéroport (on peut être baroudeuse et rester un peu mignonne quand même…de temps en temps!). Après une courte nuit, nous prenons un bus de 5h pour rejoindre Chandigarh, où nous ne resterons que le temps d’un déjeuner, avant d’enchaîner sur un autre bus de 5h vers Amritsar. Nous prenons à peine le temps de déposer nos affaires à l’hôtel, et entamons une première visite du Temple d’Or, by night, magique.

Le Sri Armandar Sahib est le lieu sacré des Sikhs, des milliers de pèlerins y affluent à longueur d’année. Rien que le nom Amrit (bassin) Sar (nectar) reflète bien l’importance de ce temple et son bassin de nectar sacré. C’est un endroit étonnant et majestueux, de par sa beauté bien sûr, mais surtout grâce à l’atmosphère paisible et l’incroyable tolérance qui y règnent. Ici, personne ne fixe personne. Tout le monde est bienvenu, personne n’est vraiment étranger dans la foi. Peu importe les croyances ou l’apparence physique, le Temple d’Or impose le respect. Hommes et femmes sont priés de se couvrir la tête et marcher pieds nus. A part ça on y fait ce qu’on veut, mais tout ce qu’on a envie de faire c’est s’assoir au bord du bassin sacré et prier, méditer, penser…bref, prolonger ce moment où le temps s’arrête.

Plus petit mais très semblable à son grand frère, le Temple d’Argent (il tient son nom de ses portes en argent) est très agréable à visiter, ne serait-ce que parce qu’il n’y a pratiquement personne, surtout comparé à la foule (certes disciplinée et silencieuse) qu’on trouve jour et nuit au Temple d’Or.

Amritsar est aussi la ville où le mouvement d’indépendance a démarré, suite au massacre de quelques milliers de manifestants indiens pacifistes par les anglais en 1919. La place de Jallianwala Bagh où a eu lieu le massacre est aujourd’hui un beau jardin commémoratif.


En fin d’après-midi l’attraction de la région est la cérémonie de clôture quotidienne de la frontière Indo-pakistanaise. A presque une heure d’Amritsar, Atari est le point d’où l’on peut observer les soldats indiens et pakistanais jouer leur comédie de coqs, simulant un combat à travers une marche et une petite danse saccadée. Pour l’ouverture de la cérémonie, les femmes courent par deux avec le drapeau indien dans les mains, jusqu’au portail entre les deux pays. Puis les enfants dansent et un animateur s’assure que la foule participe au spectacle. Côté pakistanais, les gradins sont plus longs à se remplir, mais au moment crucial où les deux pays descendent leurs drapeaux à la même vitesse, les voix et les applaudissements se mêlent.

C’est sur le retour que nous faisons un arrêt plus significatif à Chandigarh, avec la visite du Nek Chand Fantasy Rock Garden, un des sites les plus visités de l’Inde à ce qu’il paraît! Tout le monde est fasciné par l’œuvre de cet artiste qui crée encore aujourd’hui des statues à partir de matériaux de construction recyclés.

Des murs de prises électriques aux animaux fantaisistes, le tout est un étrange mélange entre le labyrinthe d’Alice au Pays des Merveille et un décor de Tim Burton. S’il y a bien un endroit où l’on se réjouit de soutenir le recyclage des déchets par l’art, c’est bien en Inde!

Ça n’est pas l’irrésistible envie de remonter dans un bus ou un train qui nous garde de passer une nuit à Chandigarh, mais plutôt le prix des hôtels de cette métropole moderniste. Dessinée par Le Corbusier, cette ville à l’architecture occidentale est très déstabilisante. De grands secteurs rectangulaires aux larges boulevards résidentiels se succèdent, ne laissant aucune place au chaos indien. Les routes ont des feux, des lampadaires, des trottoirs, mais pas de vache, de chien errant, pas de vendeur de rue, bref, pas de vie. Nous avons tout de même profité de la vue sur le lac artificiel Sukhna (qui nous a étrangement rappelé le Malecón 2000 de Guayaquil, sûrement pour son côté très superficiel) avant de rentrer à Dhampur.

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