Réalité augmentée



Cela fait un peu plus d’un mois que nous faisons partie de tes résidents, Sámara. Nous avons désormais notre petite casita, catégorie sans clim et sans eau chaude, à un tarif acceptable du coup, à une cinquantaine de mètres de l’école de Soren. Je peux pencher la tête du bout de notre chemin et le voir passer le portail.


Mes cours de yoga vont migrer à domicile, car la casita comprend un petit jardin ET une grande dalle carrelée et couverte, où je peux accueillir jusqu’à 6 élèves, même quand il pleut. C’est plus commode que la plage.


Le yoga sur la plage Sámara, c’est un mensonge marketing. Si, si. D’une ce n’est pas très bon pour les articulations de pratiquer sur du sable, de deux il y a des mouches des sables, de trois on dépasse régulièrement du tapis avec ensablement garanti, de quatre il y a plein de chiens errants adorables qui, n’ayant aucune notion de l’espace vital nécessaire au yogi, viennent se rouler sur le dos, léchouiller ou s’ébrouer. De cinq, il fait très chaud dès 7h30 du matin (33°) et jusqu’à 17h30 au moins, qui est l’heure de pointe pour toute bestiole se nourrissant de sang humain.


Tu as vu passer mon annonce proposant des cours de yoga sur la plage et du coup tu te demandes où est mon allégeance ? Attends je t’explique. C’est vrai, je plaide coupable, je propose des cours de yoga sur la plage. Mais ce sont des cours spéciaux que j’ai nommé PSY (post-surf yoga). Ça change tout ! Du coup pas de tapis et le roulé-boulé dans le sable est remplacé par des étirements ciblés sur les groupes musculaires sollicités lors d’une session de surf. Qu’entends-je ? Tu trouves que ça aussi c’est juste une promesse marketing ?! Au moins celle-là je ne l’ai pas encore vue dans le coin. Parce que sais-tu Sámara, qu’environ un quart de ta population est prof de yoga ? Il faut se démarquer !

Je pensais aussi proposer des session SBY, pour sun-bathing-yoga : on resterait en posture des minutes entières, pour assurer un bronzage à 360°. Venir avec sa serviette et son écran total. Je ne suis pas responsable des coups de soleil.


Aucun rapport, mais récemment on a vu le film Free Guy et sans se le dire, Stéphane et moi avons eu la même pensée : sommes-nous, nous aussi, dans un jeu vidéo à grande échelle ? On voit passer et repasser les mêmes personnes en balade sur la plage ou à vélo, les mêmes « buenos días », « buenas tardes »…Ces gens sont-ils des PNJ ? (PNJ = Personnage Non Jouable des jeux vidéo, ceux qui remplissent le décor pour le rendre plus vrai que nature). Et nous ? Sommes-nous des PNJ victimes d’une intelligence artificielle en roue libre ?


Je te laisse sur cette remarque, qui je le vois, te plonge dans une profonde réflexion.


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