On a jazzé à Juan

Jeudi soir, Kyle Eastwood fait la première partie de Diana Krall. Je n’ai pas vu « L’heure d’été », alors je ne sais pas si Clint junior est aussi bon devant la caméra que derrière sa basse, mais une chose est sûre, il aurait terriblement manqué au monde du jazz s’il n’avait fait que marcher dans les pas de son illustre père.

Sa musique est innovante, entraînante et attachante. Son jazz est pur, son funk rappelle les meilleurs fretless d’Eric Serra, et son morceau composé pour « Lettres d’Iwo Jima » donne la chair de poule.


Diana Krall entre sur scène à pas de velours, plus classe que jamais, presque discrète. Elle ne s’adresse à son public qu’après avoir joué un premier morceau, très jazz pour les connaisseurs du festival.

Ses secrets de beauté, on les connaît: quelques gammes bien rythmées pour affiner les biceps et muscler les doigts, à accompagner d’un écrasage franc de la pédale, pour des mollets d’acier.

Elle alterne grands classiques et reprises, jouant de sa voix entre murmure rapide et lentes mélopées.

Très belle soirée, si ce n’est pour mon malotru de voisin, qui en grand amateur de jazz, n’applaudit pas (sauf quand ce n’est pas le moment), déteste les gens qui parlent et le dit donc à voix haute toutes les trente secondes (particulièrement quand tout le monde est silencieux), et avoue ne pas être allé voir Keith Jarrett, « trop intello » (alors effectivement, ce n’est pas pour toi!)


Samedi soir, soirée de gala avant le gospel de clôture du lendemain. Même le Prince Albert est là avec sa nageuse, c’est pour dire!

Manu Ka-tching! fait la première partie de Marcus Miller. Avec lui la batterie est bien plus qu’un accompagnement, c’est le pivot des morceaux. L’artiste est généreux, s’éclate et le montre. On a souvent l’impression qu’il joue en accéléré, et nos éventails s’agitant à son rythme, je ne vous raconte pas les crampes au poignet le lendemain! .

Après l’entracte, les 50 musiciens de l’Orchestre Philharmonique de Monte Carlo s’installent sur scène, rejoints par leur chef d’orchestre, les solistes, puis Marcus Miller. Et là, grand moment. Entre « So What? » de Miles Davis, les grands classiques de Miller adaptés avec l’orchestre, Raul Midon et son incroyable trompette buccale, et les superbes vocalises de Lalah Hathaway, c’est du très grand jazz que nous offre le festival pour son jubilé.


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