La leçon de patience

Aujourd’hui Rahul nous a proposé de l’accompagner à Kotdwar où se trouve le temple Sidh Bali, qui vénère Hanumaan. C’est dans ce temple qu’il a prié pour ses études, et qu’il revient donc pour remercier la divinité d’avoir exhaussé ses prières.

Théoriquement, Kotdwar se trouve à 1h30 de Dhampur. Dans la pratique, ça donne un réveil à 7h, pour un départ à 13h, et un retour de 17h à 22h. Une journée de 12h donc, dans laquelle l’activité principale a duré 2h. Que peut-on bien faire pendant 12h? Eh bien c’est là toute la magie de l’Inde. Voyez-vous, le temps est cet élastique avec lequel on peut jouer sans fin, le plus drôle étant de jouer à le ralentir le plus possible dans une même journée. J’aurais tendance à penser que l’élastique risque de craquer à force de l’étirer…mais en Inde l’élastique s’étire à l’infini. Ça, c’est pour les jolis mots. Ce que ça veut dire, c’est qu’on a attendu 4h un train qui n’est jamais venu, pour finalement prendre un bus, puis 2 taxis, dans lesquels on rentre à 15, avec une fesse à moitié dehors. Moi qui aime les manèges à sensation, je suis servie! Mais ne vous méprenez pas, à ce stade de l’aventure je suis plutôt enthousiaste…au moins on est en mouvement! C’est l’attente, sans savoir ce qu’on attend vraiment, qui est plus douloureuse pour la pile Duracel impatiente que je suis.


Finalement, vers 15h, on arrive au temple. Le décor est dépaysant, il y a du relief et de la forêt. On est en bordure du parc national Jim Corbett. On quitte nos chaussures, les hommes et les femmes font deux lignes pour entrer. Un premier brâhmane nous fait un point orange sur le front, un second nous donne de la noix de coco comme offrande, un troisième nous bénit avec une sorte de massue en argent en donnant un petit coup sur le dos.

A part ça la visite du temple, tout comme le rituel de Rahul, n’obéissent à aucune règle. C’est une balade dans ce joli complexe, calme et paisible. Le temple domine la vallée dans laquelle coule une rivière, où nous sommes allés finir notre balade.


Une ribambelle d’enfants curieux et souriants nous a accompagné tout le long, nous posant 1000 questions, nous appelant Didi pour « grande sœur ». Shakila, qui a dessiné le contour de sa main dans mon cahier, insiste pour qu’on aille chez elle…finalement je lui montre qu’on s’amuse bien plus au bord de la rivière! Leur compagnie a contribué à ce que ce moment trop court soit cependant fort agréable.


Le retour était semblable à l’aller…train? bus? oui? non? peut-être? (là il s’est passé 2 heures, donc on a faim). On finit dans le bus, qui démarre, puis s’arrête, puis redémarre, pour encore s’arrêter. Et attendre. Que le trafic se débouche? Que le train passe? Que la vache se soulage? Je ne sais pas, mais on attend.

La patience est mère de toutes le vertus!


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