Je fête, tu fêtes, il fête…

Chaque jour est une occasion de faire la fête, petite ou grande! La preuve:

Lundi soir, Rahul nous a convié chez lui pour célébrer son 23ème anniversaire. Assis en rond autour d’une table remplie de snacks, nous sirotons quelques tasses de chaï. Au moins la moitié des profs de l’école sont présents, ainsi que la mère, la soeur, la cousine (la tante, l’autre cousine…) de Rahul.

En grignotant avec parcimonie (qui ça?), je comprends enfin pourquoi les desserts et pâtisseries sont si sucrés. C’est évidement pour compenser les plats si épicés! Je constate que tout est soit épicé (lire piquant) soit trèèèès sucré. Les snacks ne dérogent pas à la règle, des chips aux cacahuètes en passant par les biscuits secs, tout vous met la bouche en feu. D’où le chaï en accompagnement, thé au lait (ou lait au thé?) très sucré.

Rahul monte le son, un mélange de vieux tubes techno des années 90 et de thèmes de Bollywood, et lance le jeu de la soirée: Action ou vérité!

Alors à l’indienne ça se joue pareil, sauf que pour la section vérité, rares (voire inexistantes) sont les questions auxquelles nous sommes habitués, (je ne vous fais pas de dessin)…A Lata, qui était là avec son mari, j’ai demandé: – « comment as-tu rencontré Gaupi? » – « Il connaissait mon frère. Il est venu se présenter, a parlé pendant 2 heures, j’ai écouté. 2 semaines plus tard nous nous sommes mariés ».

Ça calme! Mais je vous rassure, tout ça se dit dans une ambiance guillerette.

Côté action, l’esprit est le même, avec la touche locale bien sûr! Mon gage était donc de danser du Punjabi avec un turban et une barbe dessinée au rouge à lèvres.


Le lendemain nous avons dîné chez Rajesh, le directeur de l’école. Il avait cuisiné, entre autre, du poulet! Immanquable, me dis-je! Pas si vite…encore va-t-il falloir tolérer les épices. Le poulet est mariné dans une sauce au chili rouge, ahum! Rajesh Sir nous rassure, il a mis un tiers de la dose normale. Je croque donc ma cuisse (enfin celle de mon poulet) à pleines dents, remplie de courage. Une déglutition plus tard, je ne sais pas où a bien pu partir mon courage, mais moi je suis rouge écrevisse, mes oreilles fument, mes yeux pleurent…et là, c’est le drame. Vous imaginez la scène…dans ces cas-là on est tous pareil, on essaye de faire semblant que tout va bien. Sauf que je n’ai pas pu prononcer un mot dans le quart d’heure qui a suivi, et que ça, pas besoin de me connaître depuis longtemps pour savoir que ça n’est pas normal.

Finalement Rajesh me sert un lassi, mélange froid de lait et yaourt parfumé à la pistache, et la magie opère. J’avais vu juste, le sucre pour apaiser les épices! C’est bien plus efficace que l’eau (ou encore la bière, que l’on m’a conseillé d’essayer mais qui n’a fait qu’empirer la situation).

Ce soir-là on a regardé le très artistique Sita Sings The Blues de Nina Paley, film d’animation illustrant des légendes indiennes.


Mercredi soir nous avons assisté à notre premier mariage indien. L’invitation ayant été faite à la dernière minute, nous n’avons pas eu le temps de nous équiper en sari. Sans regret, j’ai gardé mon manteau toute la soirée. La réception avait lieu dans une grande cour extérieure, entièrement décorée de tissus, lumières et tentes. Le buffet (accrochez-vous) fait tout le tour de la cour. Un peu comme pour une fête de village. Je me demande s’il existe un plat qu’il n’y avait pas ce soir-là!! Il y a des dizaines de stands, des plats principaux aux snacks en passant par les sauces, les pâtisseries et les salades de fruits. A chaque stand les cuisiniers préparent au fur et à mesure, quelques-uns au centre de la cour font du pain, que dis-je des pains, au moins 6 ou 7 sortes différents!

Il est donc pratiquement impossible de grignoter ça et là…seule une bonne stratégie permet d’exploiter ce buffet correctement, parole d’experte!

On boit du café expresso, du lait chaud parfumé aux amandes, de la soupe de tomate (pas épicée selon les indiens)…En revanche on ne trouve pas une goutte d’alcool.

Vers 21h30, le marié fait son entrée. Il est porté sur un palanquin, devant lequel défilent famille et amis en dansant. La mariée rejoindra le groupe plus tard, et beaucoup plus discrètement, le mariage étant centré sur l’homme. Des enfants tiennent un chemin de lumière qui avance avec la marée humaine, des musiciens en uniforme jouent de la trompette. Évidemment étant les seules étrangères, Sandra, Natalia et moi avons été repérées très rapidement, et tirées pour danser avec le peloton de tête déchaîné. Impossible de s’échapper, impossible de s’arrêter, et ce pendant une bonne demi-heure! Emportées pas la foule, qui s’élance et qui danse…


A la première occasion on s’est éclipsé pour retourner picorer!

Quelques élèves de l’école étaient là et nous ont présenté leurs parents, oncles et tantes, etc. Des animateurs ont aussi veillé à ce que nous soyons toujours divertis: un n…homme-de-petite-taille déguisé en joker, des personnages avec des grosses têtes, un conteur-poète qui faisait des rimes sur les gens…

Nous n’avons pas attendu pour assister à la cérémonie de l’union, celle-ci se déroulant très tard dans la nuit., mais à en croire nos amis du coin, c’est une suite de long discours, en vieil hindi, que parfois même les futures époux ne comprennent pas.


Pour finir, ce soir nous avons organisé une soirée ciné avec quelques amis profs. L’école possède un rétro-projecteur sur lequel nous avons visionné le Magicien d’Oz. Nous adaptons la pièce avec les enfants et c’est pourquoi nous voulions montrer le film à Gautam, prof de théâtre. Soirée ciné oblige, nous avons popé du corn…eh bien croyez-le ou non, même le pop-corn est épicé (saveur « chili surprise »)!!



La citation du jour, tirée du Magicien d’Oz:

Hearts will never be practical until they can be made unbreakable! »
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